François Truffaut, on le sait, avait une véritable passion pour la littérature, à tel point, qu’il n’a pas hésité à s’inspirer très fortement d’un très beau roman d’Anatole France (1844-1924), grand écrivain français du siècle dernier, pour élaborer une scène fameuse de son film Baisers volés (1970). Chef-d’oeuvre du 7 ème art, avec un Doisnel très troublé par le jeu de séduction sans équivoque de l’ensorcelante Delphine Seyrig, une ressemblance troublante avec la jeune fille du roman d’Anatole France qui a de quoi troubler tout investigateur un peu perspicace. A vous de juger…
« Je vous disais donc qu’en entrant dans le salon, ce soir-là, elle jeta à tout le monde et même au plus humble, qui était moi, quelque miette de son sourire. Je ne la quittai point du regard et je crus surprendre dans ses beaux yeux une expression de tristesse ; j’en fus bouleversé. C’est que, voyez-vous, j’étais une bonne créature. On la pria de jouer au piano. Elle joua un nocturne de Chopin : je n’ai jamais rien entendu de si beau. Je croyais sentir les doigts mêmes d’Alice, ses doigts longs et blancs, dont elle venait d’ôter les bagues, effleurer mes oreilles d’une céleste caresse. (Lire la suite…)










Le titre est assez habile puisqu’il focalise sur le corps de l’héroïne dont on pressent qu’il s’agit de Megan Fox, la nouvelle vamp hollywoodienne. Sorte de Dita von Teese par encore effeuillée mais prête à l’emploi, Megan Fox est, depuis l’adolescence, poursuivie par des rôles de trop belle fille pour être une sainte. Car telle est le sujet de Jennifer’s Body, si sa virginité avait été effective, Jennifer serait morte. Or sa sexualité précoce a ouvert son âme au diable qui s’en est emparé sans sourciller. Avide de sang et de tripes, Jennifer consomme du garçon par vengeance ou par défi. Sa confidente et amie de toujours, interprétée par Amanda Seyfried – seul intérêt du film – tente en vain d’alerter ses proches de la diablerie en cours. Une fin tragique les attend, bien sûr.
Méfiant, mal à l’aise, Robert Bresson l’est, assurément, il a construit son film, Pickpocket (1959) sur une intuition, une expérience vécue à laquelle il donne instinctivement tout son crédit. France Roche le devine très rapidement et la douceur de sa voix tout autant que la délicatesse de ses sollicitations lui permet d’approcher le cinéaste sans l’effaroucher ; l’anecdote révélée grâce à sa perspicacité, celle d’un voleur réellement rencontré par Bresson est l’amorce véritable de l’entretien et permettra ensuite de mieux cerner la conception que Bresson se fait de son art, tendant toujours à bien dissocier ce qu’il est et ce qu’il produit grâce à ses expériences, celles de son « métier » (selon ses propres dires, Bresson a déjà construit un lien fidèle avec les spectateurs) et celles de la vie, potentiel infini de tentatives douloureuses dont il faut tirer quelques enseignements. Le cinéma de Bresson est un mélange de ces deux éléments.
A sortie aux USA, ce film a récolté plus de 33 millions de dollars lors du premier week-end pour atteindre les 160 millions de dollars de recette globale. Score impressionnant lorsqu’on sait que Sandra Bullock n’avait pas tourné depuis plus de 2 ans et que son dernier hit date de 2002 (L’Amour sans préavis / Two Weeks Notice avec Hugh Grant). Il convient d’ajouter que Sandra est devenue une actrice quadra (comme Julia Roberts qui a refusé ce rôle qui lui était initialement destiné) dans un Hollywood de plus en plus friand de jeunettes.