Les Salles Obscures

Le passé éclaire le futur

Un Feu Follet d’une impressionnante consistance 1 décembre 2009

Classé dans : Le Feu Follet — lessallesobscures @ 00:54
Tags: ,

Le Feu Follet, cinquième film de Louis Malle, fait figure encore aujourd’hui, d’objet trouble, diffus, difficilement classable au milieu des autres réalisations de son auteur, et sans parenté aucune avec des œuvres de la même décennie.

La fascination qu’il exerce n’a pas faibli : dialogues superbes, plans d’une beauté presque picturale, jeu parfait, décors splendides et Paris, encore Paris pour quelques années précieuses.

C’est le chef-d’œuvre d’un homme farouchement indépendant, à la curiosité sans bornes et qu’aucune chapelle artistique ou mouvement aux principes réducteurs n’ont pu récupérer, et qui, après de belles réussites dont Les Amants et Un Ascenseur pour l’échafaud, parvient à nous surprendre en puisant dans la littérature un sujet à la mesure de son intelligence. (Lire la suite…)

 

Jennifer’s Body – Un corps en souffrance 21 octobre 2009

Classé dans : Critiques de Films, Jennifer’s Body — lessallesobscures @ 21:25
Tags: , , ,

Megan Fox allume les ados dans un film d’horreur gore réalisé par Karyn Kusama (Girlfight) et écrit par Diablo Cody.

Megan Fox -Jennifers BodyLe titre est assez habile puisqu’il focalise sur le corps de l’héroïne dont on pressent qu’il s’agit de Megan Fox, la nouvelle vamp hollywoodienne. Sorte de Dita von Teese par encore effeuillée mais prête à l’emploi, Megan Fox est, depuis l’adolescence, poursuivie par des rôles de trop belle fille pour être une sainte. Car telle est le sujet de Jennifer’s Body, si sa virginité avait été effective, Jennifer serait morte. Or sa sexualité précoce a ouvert son âme au diable qui s’en est emparé sans sourciller. Avide de sang et de tripes, Jennifer consomme du garçon par vengeance ou par défi. Sa confidente et amie de toujours, interprétée par Amanda Seyfried – seul intérêt du film – tente en vain d’alerter ses proches de la diablerie en cours. Une fin tragique les attend, bien sûr. (Lire la suite…)

 

Robert Bresson et le cinématographe 7 octobre 2009

Classé dans : Le Passé Recomposé — lessallesobscures @ 15:46
Tags:

Pour la sortie de son film Pickpocket, Robert Bresson se prête à l’interview télévisée pour une émission sur le cinéma animée par François Chalais et France Roche.

Robert BressonMéfiant, mal à l’aise, Robert Bresson l’est, assurément, il a construit son film, Pickpocket (1959) sur une intuition, une expérience vécue à laquelle il donne instinctivement tout son crédit. France Roche le devine très rapidement et la douceur de sa voix tout autant que la délicatesse de ses sollicitations lui permet d’approcher le cinéaste sans l’effaroucher ; l’anecdote révélée grâce à sa perspicacité, celle d’un voleur réellement rencontré par Bresson est l’amorce véritable de l’entretien et permettra ensuite de mieux cerner la conception que Bresson se fait de son art, tendant toujours à bien dissocier ce qu’il est et ce qu’il produit grâce à ses expériences, celles de son « métier » (selon ses propres dires, Bresson a déjà construit un lien fidèle avec les spectateurs) et celles de la vie, potentiel infini de tentatives douloureuses dont il faut tirer quelques enseignements. Le cinéma de Bresson est un mélange de ces deux éléments. (Lire la suite…)

 

La proposition de Sandra Bullock 23 septembre 2009

Classé dans : Critiques de Films, La proposition — lessallesobscures @ 23:08
Tags:

Après presque deux ans d’absence, Sandra Bullock nous propose pour son retour une comédie romantique réalisée par Anne Fletcher avec Ryan Reynolds (mari de Scarlett Johansson).

La proposition de Sandra Bullock 2A sortie aux USA, ce film a récolté plus de 33 millions de dollars lors du premier week-end pour atteindre les 160 millions de dollars de recette globale. Score impressionnant lorsqu’on sait que Sandra Bullock n’avait pas tourné depuis plus de 2 ans et que son dernier hit date de 2002 (L’Amour sans préavis / Two Weeks Notice avec Hugh Grant). Il convient d’ajouter que Sandra est devenue une actrice quadra (comme Julia Roberts qui a refusé ce rôle qui lui était initialement destiné) dans un Hollywood de plus en plus friand de jeunettes.

Mais, Sandra Bullock sait, en observant sa filmo que, mis à part Speed, la comédie est le genre qui lui a le mieux réussi en terme d’audience ; et qu’un bon rôle c’est avant tout un personnage bien codifié et aussi reconnaissable qu’un bon cru. Aussi a-t-elle choisi d’incarner celui de la fille sympa et gauche mais – pas dépourvue de sex-appeal – dont on aimerait tomber amoureux. C’est une recette, la recette Bullock qui a été cuisinée à volonté pour des rôles variés (Avocate des grandes causes, Agent du FBI etc.). (Lire la suite…)

 

Ingmar Bergman parle de Strindberg (et de lui) 10 septembre 2009

Classé dans : Ingmar Bergman — lessallesobscures @ 16:43
Tags: ,

Comment Ingmar Bergman manipule mine de rien une journaliste l’entretenant d’August Strindberg. Une véritable leçon de cinéma !

Ingmar Bergman parle d'August Strindberg

Ingmar Bergman parle d'August Strindberg

Affaibli par l’âge et cinquante ans de réflexion sur les méandres de la personnalité humaine, Ingmar Bergman, n’en reste pas moins d’une rare vivacité intellectuelle quand il s’agit de commenter le lien indéfectible qui le rattache à son maître théorique, sa référence ultime, le dramaturge de renom et initiateur de la modernité théâtrale européenne : August Strindberg.

Reprenant, avec une élégance teintée de malice, la journaliste lorsqu’elle prononce, selon lui, un peu maladroitement le prénom de son Maître, Ingmar explique de sa voix douce et un peu tourmentée que Strindberg a toujours fait parti intégrante de sa vie et de ses réflexions sur la mise en abîme de la psyché individuelle.

Bergman, on le savait rigoureux, exigeant dans sa direction d’acteur, on constate qu’il est tatillon jusque dans le rituel un peu éprouvé des traditionnels entretiens. Mais que peut bien cacher cette touchante maniaquerie de génie isolé ? (Lire la suite…)

 

Qu’est ce qu’un film musical ? (Acte 1) 25 août 2009

Classé dans : Le Passé Recomposé — lessallesobscures @ 23:50

Après l’âge d’or des comédies musicales américaines de Busby Berkeley, Vincente Minnelli, Stanley Donen… le cinéma s’est emparé de la musique populaire avec le documentaire. Les Beatles, Bob Dylan et les Rolling Stones ont été initialement les principaux sujets sans oublier les grands festivals sixties : Monterey, Woodstock et Altamont.

Mick Jagger Gimme ShelterQu’est ce qu’un film musical ? Je vois essentiellement deux genres : la comédie musicale et le documentaire musical. Nous reviendrons sur le premier genre qui cessera d’être une comédie à partir des années 60 (Les parapluie de Cherbourg, Cabaret, Phantom of the paradise, The Rocky Horror Picture Show, Tommy… ne flirtent plus vraiment avec la comédie) pour nous intéresser au second.

Le documentaire musical est presque né avec le rock et ce pour deux raisons. La première est technique, c’est en soixante que les caméras s’allègent et peuvent se porter à l’épaule (on se souvient des difficultés d’Orson Welles pour son doc sur la musique brésilienne…) ; et la seconde, sociologique. Le rock, surtout à partir des années 60 et avec l’arrivée des Beatles, proposent des auteurs aux succès internationaux et non plus de simples interprètes – aussi brillants qu’ils puissent être – façonnés par une industrie à tubes… Le Jazz aurait pu (du) susciter cet intérêt ; mais trop “noir” et élitiste (je pense à la révolution Bop) pour être un sujet de documentaire dans ces années (30/60). Ce qui fait que nous n’avons que des captations de concert de Jazz mis à part le brillantissime film de Bruce Weber sur Chet Baker, Let’s get lost

L’un des premiers grands documentaires rock est Dont look back de D.A. Pennebaker… (J’escamote volontairement le docu sur l’arrivée des Beatles aux USA par les frères Maysles pour manque de point de vue. Ils se rattraperont avec Gimme Shelter). Pennebaker suit Dylan dans sa tournée anglaise de 65 où il est chahuté par les intégristes folk, capture ses rencontres : Donovan (cf. l’article du blog It’s Only Rock’n’Roll : Dylan and Donovan – Dont look back), Allen Ginsberg, Marianne Faithfull, John Mayall… et, bien sûr, lui emboîte le pas où qu’il aille. (Lire la suite…)

 

Just Jaeckin s’expose sans risque 22 août 2009

Classé dans : Just Jaeckin, Photographie — lessallesobscures @ 09:47
Tags: , , ,

Brigitte_Bardot_Just Jaekin _60Just Jaeckin, le cinéaste de l’érotisme bourgeois, fut aussi un photographe, avant. Un photographe people. Si la photographie a précédé le cinéma, elle a su ne pas être uniquement à son service. Ici, Jaeckin célèbre les stars pour les magazines de mode. Photographier des people peut être une gageure, car il faut rendre les qualités de l’artiste, mais aussi lui faire dire – et c’est là que tout se joue – autre chose. Jaeckin photographie Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani… comme il filmera les œuvres de Pauline Réage ou d’Emmanuelle Arsan … avec une prise de risque calculée pour le plus grand nombre. C’est aussi un talent.

Les Ateliers de l’Image
Téléphone (+33) 0 490 925 150
36 boulevard Victor Hugo
13210 Saint-Remy-de-Provence
France
Site web www.hotelphoto.com

 

Je suis un homosexuel de bonne famille ! 20 août 2009

Après trois films polonais, Andrzej Żuławski réalise en France “L’important c’est d’aimer” film au casting audacieux (Romy Schneider, Jacques Dutronc, Fabio Testi, Klaus Kinski, Claude Dauphin…) qui détonne au milieu des seventies.

Żuławski - Klaus Kinski - L’important c’est d’aimerIl y a toujours chez un réalisateur une scène, un dialogue qui le dit et plus généralement définit une époque.
Cette réplique incroyable extraite du film le plus (re)connu de Żuławski pourrait résumer son approche idéologique et l’éthique d’un cinéma français des années 70. Le jeu constant avec les limites des codes de la bourgeoisie (disparu aujourd’hui sauf chez le cinéaste vintage Étienne Chatiliez), l’approche exubérante et non cynique des rapports sociaux, une élégance triviale, forcée se sauvant ainsi de sa vulgarité sont des marques puissantes d’un regard cinématographique post soixante-huitard relevant l’impuissance des années pré-révolutionnaires, leur échec. Que reste-t-il de 68 ?
Żuławski n’a jamais été aimé par les critiques de cinéma (Les Cahiers, Positif, La revue du cinéma…), vécu comme un critique grossier du cinéma de Sautet, un Eustache pour le peuple. Le succès de ce film lui offrit la possibilité de monter en Pologne un film rêvé, son œuvre. Fantasme récurrent chez certains cinéastes (Demy, Coppola…). Il échoua. Il revint en France avec Possession en 81 (Prix d’interprétation féminine à Cannes pour Isabelle Adjani). Levée de boucliers critiques, puis ce fut les films gorgés de galimatias philosophiques : La Femme publique, L’Amour braque … (Lire la suite…)

 

Le cinéma est une apparition 17 août 2009

Basisers VolésLa femme chez François Truffaut occupe un rôle central ;  elle est même le sujet principal d’un grand nombre de ses films (mère, maitresse, épouse, femme désirée, fantasmée…). Si l’identification des personnages de Truffaut au titre presque trompeur de L’homme qui aimait les femmes parait facile, elle est erronée. Les héros de Truffaut ne sont pas des collectionneurs, mais des chercheurs. Ils sont en quête de l’idée, au sens platonicien, de la femme ; de son essence. Baisers Volés en est un parfait exemple. 3ème épisode de la saga Antoine Doinel, le double de Truffaut est amoureux de Christine Darbon. Il croise également Colette, son fantasme du précédent épisode Antoine et Colette, mais elle est accompagnée de son mari et de son enfant. Fin définitive de l’histoire d’amour pour Antoine… Mais, sa rencontre avec Fabienne Tabard bouleverse l’ordre de ses désirs.

Après avoir exercé divers métiers, Antoine est engagé dans une agence de détectives. Il est placé dans un magasin de chaussures dont le patron, Georges Tabard, se plaint d’être haï par son personnel. Antoine est chargé de découvrir pourquoi. (Lire la suite…)