Les Salles Obscures

Le passé éclaire le futur

Le cinéma est une apparition 17 août 2009

Basisers VolésLa femme chez François Truffaut occupe un rôle central ;  elle est même le sujet principal d’un grand nombre de ses films (mère, maitresse, épouse, femme désirée, fantasmée…). Si l’identification des personnages de Truffaut au titre presque trompeur de L’homme qui aimait les femmes parait facile, elle est erronée. Les héros de Truffaut ne sont pas des collectionneurs, mais des chercheurs. Ils sont en quête de l’idée, au sens platonicien, de la femme ; de son essence. Baisers Volés en est un parfait exemple. 3ème épisode de la saga Antoine Doinel, le double de Truffaut est amoureux de Christine Darbon. Il croise également Colette, son fantasme du précédent épisode Antoine et Colette, mais elle est accompagnée de son mari et de son enfant. Fin définitive de l’histoire d’amour pour Antoine… Mais, sa rencontre avec Fabienne Tabard bouleverse l’ordre de ses désirs.

Après avoir exercé divers métiers, Antoine est engagé dans une agence de détectives. Il est placé dans un magasin de chaussures dont le patron, Georges Tabard, se plaint d’être haï par son personnel. Antoine est chargé de découvrir pourquoi.
Un soir alors qu’il se croit seul dans le magasin, son attention est attirée par un bruit. Il empreinte lentement le couloir qui mène de la réserve au magasin et surprend une femme attrapant des escarpins dans la vitrine… C’est Fabienne Tabard !

Sa pose initiale lorsqu’elle attrape les souliers dans la vitrine – légèrement penchée, un genou plié -, la façon dont elle se débarrasse de sa chaussure, sautillant pour rejoindre le siège, son élégante décontraction, sa distance ludique face à l’impatience de son mari, sa dernière remarque « vous travaillez bien tard » et bien sûr sa voix – Delphine Seyrig magnifique ! –font de Fabienne Tabard l’idéal féminin de Doinel/Truffaut reléguant Christine à une soupirante vulgaire et embarrassante.

Plus tard, Fabienne Tabard surprendra une conversation entre les vendeuses où ces dernières rapporteront les propos d’Antoine : « Madame Tabard n’est pas une femme, c’est une apparition ! »

Charles Lartigue

Baisers Volés de François Truffaut (1968) avec Jean-Pierre Léaud, Claude Jade, Delphine Seyrig, Michael Lonsdale, Daniel Ceccaldi

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3 Responses to “Le cinéma est une apparition”

  1. Rémi Says:

    Juste en passant, Baisers volés est le 2nd épisode des aventures d’Antoine Doinel.

    • lessallesobscures Says:

      Merci pour ton commentaire. La saga Doinel comprend 5 films :
      Les Quatre Cents Coups (1959),
      Antoine et Colette (1962) (épisode du film à sketches L’Amour à 20 ans),
      Baisers volés (1968)
      Domicile conjugal (1970)
      l’Amour en fuite (1979).

      Baisers volés est donc le 3ème épisode.

  2. Nina_Tool Says:

    ce que je cherchais, merci


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